BULLETIN DE L’HÔPITAL LACOR – PRINTEMPS 2019

Chers lecteurs, 

Le présent numéro portera sur les femmes au Lacor. Nous leur poserons des questions sur les défis qu’elles ont dû surmonter pour réussir, défis qui demeurent insurmontables pour bon nombre de femmes dans la région. 

Depuis le tout début, les femmes sont au coeur de la pratique hospitalière au Lacor, depuis les réalisations incroyables de la fondatrice, Dre Lucille Teasdale, où les soins ont été fournis par les infirmières et les médecins pendant la guerre civile en Ouganda, jusqu’au rôle central que joue le travail des femmes dans les activités courantes du Lacor : en 2019, plus des deux tiers des employés du Lacor sont des femmes. Malgré les obstacles que les femmes doivent franchir en Ouganda, ce sont des réalisations qui doivent être soulignées. 

Par conséquent, chaque article dans le bulletin du printemps de cette année est consacré à une plus grande compréhension du travail des femmes au Lacor. Lorsque nous examinons les progrès accomplis et l’impact obtenu, nous pouvons nous engager à construire des ponts vers la réussite et l’égalité. 

Dans le présent numéro, vous lirez sur les expériences quotidiennes des femmes travaillant au Lacor, ainsi que sur les obstacles que doivent surmonter certaines femmes de la communauté élargie. Nous dresserons aussi un tableau d’une journée dans la vie de deux femmes qui travaillent au service de pédiatrie du Lacor. 

Enfin, vous en apprendrez davantage sur un épisode moins connu de la vie de Dre Lucille Teasdale, dont les décisions d’entreprise ont touché la vie des femmes sur plusieurs générations qui ont suivi. 

Nous vous souhaitons tous un magnifique printemps et nous vous remercions du fond du coeur pour votre soutien indéfectible. 

L’équipe Teasdale-Corti 



Pour les femmes de l’Hôpital Lacor, le premier et meilleur exemple de force et d’autonomie est Dre Lucille Teasdale, l’un des fondateurs de l’hôpital et une pionnière dans le secteur médical. Pensant à l’impact des efforts déployés par Dre Teasdale, Jacinta, une pharmacienne du Lacor, s’exprime comme suit : « Lucille a fait tomber de nombreux obstacles et a pu montrer ses compétences dans un secteur où les femmes avaient toujours été exclues. » 

La réussite de Dre Lucille Teasdale a été remarquable, mais de nombreuses femmes en Ouganda se heurtent à des obstacles bloquant l’ouverture des chemins vers l’indépendance et la réussite. Au Lacor, nous nous sommes assis avec plusieurs femmes employées pour écouter leurs expériences sur les préjugés sexistes. Ensemble, elles ont reconnu que de plus en plus de femmes se fixent des objectifs pour améliorer leur vie. Ces femmes essaient de se libérer de préjudices économiques et sociaux pour devenir autonomes, mais elles doivent affronter des défis. Les barrières culturelles sont nombreuses : souvent, la famille croit que les filles ne doivent pas étudier et ne soutient pas les femmes dans leurs choix. Aramo Olga, une technicienne en pharmacie, ajoute : « les hommes sont convaincus que les femmes éduquées sont rebelles et difficiles à contrôler ». 

Ce manque de soutien a touché un grand nombre de femmes travaillant au Lacor. Par exemple, soeur Angioletta, une infirmière-chef, a dû se battre pour parvenir à son poste. Elle s’explique : « Lorsque j’ai dit à mes parents que je voulais être infirmière, mon père a été critiqué par des amis. À un certain moment, la pression est devenue si forte, que ma soeur et moi sommes parties vivre chez un oncle qui croyait en l’éducation des femmes. » 

La solution suivante a été proposée par plusieurs des femmes interviewées : faire participer les hommes aux stratégies utilisées pour l’émancipation des femmes. 

Cependant, selon les femmes interviewées, le Lacor favorise grandement l’emploi des femmes. Et ce n’est pas seulement une question de chiffres. Non seulement l’hôpital embauche beaucoup de femmes (400 des 600 employés du Lacor sont des femmes), mais il offre aussi un congé de maternité et la possibilité d’obtenir un prêt. « L’an dernier, la coopérative, aussi appelée caisse populaire, a prêté 527 millions de shillings ougandais », explique le superviseur, Lalobo Francis. « Cela donne la possibilité aux femmes d’obtenir plus d’argent pour financer les études de leurs enfants ou acheter un terrain pour y bâtir une maison. » 



Chaque année, le Lacor et ces centres périphériques traitent 84 000 enfants de moins de six ans; 18 000 sont hospitalisés au service de pédiatrie. 

Aujourd’hui, soeur Flona a commencé à travailler à 8 h 30. Quatre enfants devaient être transportés à l’hôpital régional de Gulu pour voir un cardiologue de Kampala qui vient à l’hôpital une fois par mois. « Ces enfants sont petits et vulnérables et ils sont reliés à un petit tube fixé à leur bouteille d’oxygène », explique soeur Flona. Elle s’assure que tout est correct avant d’envoyer les enfants et leurs mères dans la précieuse ambulance. 

Au moment où soeur Flona prépare les enfants, un petit garçon, appelé Okello, arrive et a besoin de soins urgents. Il a avalé du désinfectant qu’il a trouvé à la maison de sa tante. Heureusement, grâce aux contributions d’un généreux donateur, une autre ambulance était disponible pour conduire d’urgence Okello au Lacor où un antidote lui a été administré et lui a permis de se remettre rapidement. 

À la section des soins prénataux du service de pédiatrie, l’infirmière, Aryemo Frances, accueille les futures mères comme elle le fait tous les jours. Mme Frances travaille au Lacor depuis 1987. Elle se rappelle encore clairement le dévouement de Dre Lucille Teasdale et voit l’impact de la fondatrice du Lacor sur son propre engagement envers ses patients : « Lucille a passé beaucoup de temps pour nous aider à grandir; elle était complètement dévouée à ses patients et souhaitait que nous le soyons aussi. » 

Aujourd’hui, l’infirmière Frances arrive à 7 h pour nettoyer le département. À partir de 9 h, elle commence à recevoir les femmes qui viennent attendre patiemment à la porte de son bureau. Elle explique comment elle aide ces femmes : « Je leur montre le bon régime à suivre pendant la grossesse, je leur administre de l’acide folique pendant le premier trimestre et je leur explique comment éviter la malaria et le VIH. » 

Une partie du travail de Mme Frances est de rencontrer et de former les représentants de la communauté qui se déplacent de village en village pour éduquer les femmes sur l’importance de se rendre à l’hôpital pour des examens médicaux et pour l’accouchement. 

Au coeur du service de pédiatrie florissant, l’infirmière Frances et soeur Flona, ainsi que beaucoup d’autres travailleurs de la santé, voient à ce que les patients reçoivent des soins experts, et vous pouvez voir l’impact de ces deux femmes dévouées sur le bien-être des enfants et des mères au Lacor. 



LUCILLE TEASDALE, CADETTE DE L’AIR 

Pour aider son père à payer ses études, Lucille s’est jointe à l’armée. 

En 1953, lorsque Lucille a entamé sa troisième année de médecine, elle voulait aider son père à payer ses droits de scolarité élevés. Elle a donc décidé d’entrer dans le programme des cadets de l’air par une nouvelle initiative nationale. Le gouvernement canadien offrait aux étudiantes universitaires la possibilité de s’enrôler dans l’armée. Il s’agissait d’un programme limité à 50 étudiantes universitaires au Canada. Chaque université avait un quota, et cinq femmes de l’Université de Montréal ont été acceptées, dont Lucille. 

Recevant un salaire mensuel de 400 $ (un bon salaire à l’époque), Lucille a réalisé une formation de base de 10 semaines à London, en Ontario, à l’été 1953. Elle a suivi des cours théoriques sur l’armée (lois, rangs, organisation, etc.) et des cours pratiques comme l’exercice militaire, la gymnastique et le tir au fusil automatique. Les jours de l’armée que Lucille avait connus n’étaient que le début d’une vie remplie de travail acharné. Comme pour ce projet, elle a continué d’accomplir bien d’autres projets importants avant de finalement fonder l’Hôpital Lacor en Ouganda. 

CHAPITRE FEMMES ET ENFANTS 

Les femmes et les enfants font partie des groupes les plus vulnérables de la population. Sans soins médicaux appropriés, les taux liés à la mortalité maternelle, les taux de mortalité infantile et les maladies infantiles graves sont très élevés. Nous vous invitons à soutenir l’avenir de la nation ougandaise en nous aidant à continuer à améliorer les soins médicaux que nous prodiguons aux femmes et aux enfants. 

Chaque année, nombreux sont ceux qui s’engagent à aider un chapitre de la campagne Faites partie de l’Histoire, organisée par l’Hôpital Lacor et la Fondation Teasdale-Corti. Chaque chapitre est essentiel dans l’appui de l’hôpital où son personnel accomplit les tâches médicales tous les jours. 

Continuons l’aventure! Faites don au chapitre des femmes et des enfants et faites partie de l’histoire!