Bulletin de L’Hôpital Lacor – Hiver 2016


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Chers lecteurs,

Nous espérons que l’année 2016 a été une bonne année pour vous tous. Ici à la Fondation Teasdale-Corti, les projets en cours vont bien et de nouveaux sont en développement.

Nos projets sont extrêmement variés, comme en témoignent les divers chapitres de la campagne Faites partie de l’Histoire. Par exemple, grâce au soutien de la Fondation Marcelle et Jean Coutu, nous sommes actuellement en train de travailler à de grandes améliorations de l’espace physique de la pharmacie de l’Hôpital Lacor et à repenser l’organisation et l’entreposage de dons de médicaments provenant du Canada, de notre partenaire Apotex Inc. D’autre part, le projet sur la santé maternelle et infantile avec le Centre de recherches pour le développement international du Canada a entamé avec succès sa deuxième année. Parmi les autres projets en 2016, notons : l’achat de livres de formation pour l’école de soins infirmiers et de formation pour sages-femmes, grâce à un don de Hillman Medical Education Fund, et le projet de rénovation des toilettes de l’École de laboratoire et d’anesthésie du Lacor; toilettes ayant servies pour les enfants se réfugiant au Lacor à l’époque de la guerre, qui n’avaient jamais été rénovées. Ceci fut enfin possible grâce au financement du Groupe SP Réno Urbaine de Montréal.

Dominique Corti et son équipe en Italie ainsi que l’équipe de la Fondation Teasdale-Corti au Canada travaillent très fort pour solliciter des fonds du plus grand nombre d’entreprises, d’organisations privées et publiques et d’organismes de bienfaisance pour soutenir l’Hôpital Lacor, mais les fondations s’appuient aussi beaucoup sur le soutien du grand public. Nous vous invitons à soutenir cette cause comme vous le pouvez : parlez-en, partagez le bulletin, aimez notre page Facebook, organisez une activité de collecte de fonds pour le Lacor ou faites un don.

Dans cette édition du bulletin, nous sommes ravis de vous présenter, à la page 2, le nouvel administrateur de l’Hôpital Lacor, et à la page 3, de vous parler d’une recherche sur les habitudes et les conditions de vie des adolescentes ougandaises. En dernière page, nous vous transmettons une lettre personnelle de la part de Lise Teasdale, la soeur de Lucille.

Nous profitons de cette occasion pour souhaiter à chacun d’entre vous un merveilleux temps des fêtes. Que ces fêtes de fin d’année soient remplies de joie, de rire et de partage.

Très chaleureusement,

Gilles, Filippo, Valeria, Cecilia et Roberto

 L’équipe de la Fondation Teasdale-Corti 


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Cela fait maintenant quelques mois que je vis à Gulu, en Ouganda. Le climat ici est merveilleux : c’est toujours l’été ! Les températures, même dans la période plus froide, ne descendent jamais au-dessous de 28 °C le jour et de 20 °C la nuit. En ce qui a trait à la nourriture, je ne peux pas me plaindre: je mange des plats italiens préparés par nos merveilleuses cuisinières et je découvre et prends goût à la cuisine ougandaise. Toutefois, je ne suis pas à Gulu en tant que touriste. Si j’ai choisi de vivre dans cet endroit, c’est que j’y ai été poussé par une force intérieure qui a radicalement changé ma vie et qui m’a permis d’offrir une aide concrète et importante.

Je suis venu à l’Hôpital Lacor grâce à la Fondation Corti en Italie. En vérité, ma première rencontre avec la fondation a eu lieu il y a quinze ans, lorsque l’Hôpital de Milan, où je travaillais, préparait l’envoi de conteneurs de lits d’hôpital pour le Lacor. J’avais travaillé, pendant 30 ans, dans différents services de différentes institutions de santé : de la partie technique au soutien de la structure clinique et des services tertiaires tels que la restauration et l’entretien ménager, en passant par les achats de médicaments et les investissements stratégiques de l’hôpital.

Puis, un jour, j’ai eu un déclic. J’ai ressenti le besoin de travailler dans un endroit qui aurait davantage besoin de mes compétences. Tout au long de l’année 2010, ce désir de me rendre utile dans un endroit comme l’Ouganda a grandi en moi. Mon aventure a commencé lorsque la Fondation Corti a fait appel à mes compétences afin d’apporter des améliorations à certaines installations de l’Hôpital Lacor : c’est ainsi que je suis parti pour la première fois en Ouganda, comme bénévole.

La décision de déménager de façon permanente en Ouganda, je l’ai prise il y a environ deux ans. En novembre 2015, j’ai démissionné de l’Hôpital de Milan et aujourd’hui, je vis à Gulu. Comme en Italie, au Lacor je m’occupe de l’administration et des aspects techniques, en soutien à la direction de l’hôpital. J’essaie de transmettre mes connaissances techniques et organisationnelles au personnel avec qui je travaille à l’Hôpital Lacor.

Parmi les problèmes auxquels nous faisons face au quotidien, il y a l’approvisionnement irrégulier en électricité. L’équipement électrique de l’hôpital encourt souvent des dommages suite à des surtensions non contrôlées ; et l’absence totale de courant doit être soutenue par nos générateurs durant de longues périodes.

J’ai quitté l’Italie en pleine conscience de ce que, tôt ou tard, mon pays me manquerait ; mais ici, je vis une expérience enrichissante qui fait de moi un individu réellement comblé. J’ai de merveilleux rapports avec mes collègues ougandais et j’espère qu’ils continueront de se renforcer. Je suis heureux de faire partie de cette incroyable institution et même si je ne suis ici que depuis quelques mois, je suis convaincu d’avoir fait le bon choix.

Gianfranco Piantelli, été 2016


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Chaque année, de nombreux et nombreuses bénévoles se rendent à l’Hôpital Lacor. Ils et elles viennent pour apporter un soutien, surtout lors des grandes vacances, et repartent du Lacor la tête et le coeur pleins de souvenirs marquants. L’histoire de Cristina et de Frédérique en est un exemple.

C’est l’histoire de deux adolescentes, toutes deux parentes de Dominique Corti (des deux côtés respectifs de la famille, Teasdale et Corti : Cristina, qui vient de Milan, est la fille de Consuelo Corti, la nièce de Piero, et Frédérique, de Montréal, est la fille de Gilles Rivet, le Président de la Fondation et le neveu de Lucille), qui se sont rendues en Ouganda l’été dernier. Elles avaient pour mission d’effectuer une étude exploratoire sur la santé et la sécurité des adolescentes ougandaises dans le nord du pays. L’objectif de cette étude était d’acquérir une meilleure connaissance des comportements liés à la santé, en particulier des visites médicales, parmi les adolescentes écolières dans le nord de l’Ouganda.

Cette expérience fut certes difficile, mais aussi extrêmement enrichissante pour ces deux adolescentes occidentales, âgées elles-mêmes d’une quinzaine d’années. Ce qu’elles ont vécu au Lacor, elles s’en souviendront assurément toute leur vie.

L’expérience de Cristina et de Frédérique témoigne de leur grande curiosité, de leur passion et de leur rigueur. Tout comme pour Piero Corti et Lucille Teasdale, pour qui la passion et la rigueur étaient des valeurs fondamentales, des piliers sur lesquels ils ont fondé l’Hôpital Lacor.

Nous tous à la Fondation Teasdale-Corti sommes extrêmement fiers de ce qu’elles ont accompli. En effet, les données recueillies par cette étude très intéressante, et surtout inédite dans la région, sont le fruit d’un travail de recherche impressionnant : Frédérique et Cristina ont d’abord participé à l’élaboration d’un questionnaire comprenant une quarantaine de questions, puis ont effectué des entrevues avec 114 jeunes Ougandaises de trois écoles dans les districts de Gulu et Amuru.

Les résultats de l’enquête sont très intéressants : parmi les jeunes filles interrogées, seulement 9 % affirment avoir de l’électricité à la maison ; 70 % vivent dans une maison dotée d’un plancher de terre battue (contre 27 % affirmant avoir un plancher en ciment et 3 %, en céramique). Un tiers des jeunes femmes ont indiqué qu’elles ne se sentaient pas en sécurité dans diverses situations quotidiennes. D’un autre côté, 62 % des adolescentes interrogées ont dit qu’elles consultaient souvent un médecin, et 92 % consomment deux à trois repas par jour.

Cette enquête a apporté des renseignements intéressants sur une population rarement étudiée du nord de l’Ouganda. De tels renseignements sont essentiels pour approfondir notre connaissance de la réalité sociale des communautés auprès desquelles oeuvre l’Hôpital Lacor.

Merci, Frédérique et Cristina, pour votre excellent et important travail !



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Bonjour chers amis de la Fondation Teasdale-Corti,

Comme vous, moi aussi je lis ce bulletin et suis de près ce qui arrive à la fondation, mais cette fois-ci c’est moi qui m’adresse à vous. L’équipe de la Fondation m’a demandé d’écrire un mot dans le bulletin à l’occasion du vingtième anniversaire de décès de Lucille Teasdale, ma chère soeur.

Nous sommes déjà à la fin de 2016, Lucille aurait eu 87 ans cette année. Elle nous a quittés prématurément ; la maladie l’a emportée un peu trop tôt. Si elle nous manque ? Oh oui, beaucoup, et à toute la famille. Et elle doit certainement beaucoup manquer aux patients et aux gens de son hôpital.

Lucille a toujours été une personne déterminée et persévérante. Être une femme et vouloir devenir médecin, et d’autant plus chirurgienne, était ambitieux et difficile à notre époque. C’est d’ailleurs cette ambition qui l’a amenée à se rendre en France pour se spécialiser, puisque c’était pratiquement impossible pour une femme de se spécialiser en chirurgie ici au Canada.

Ma soeur a également fait preuve de beaucoup de courage et d’amour en continuant de travailler au Lacor alors que la guerre sévissait dans le nord de l’Ouganda. Nous étions tellement inquiets. Il était difficile pour nous, sa famille, de comprendre pourquoi elle s’entêtait à y rester alors que sa vie et celles de son mari et de sa fille étaient en danger.

Aujourd’hui, avec du recul, et surtout en voyant l’importance qu’a eue l’Hôpital Lacor durant la guerre, et l’importance que le Lacor a encore aujourd’hui, je crois que nous pouvons mieux comprendre pourquoi elle y est restée.

Nous sommes heureux et agréablement surpris de voir que l’Hôpital Lacor, auquel elle a dédié sa vie, aux côtés de Piero, après tout ce qui a pu arriver, non seulement opère encore, mais se présente comme un exemple de succès dans le monde. Je me demande si Lucille se l’imaginait…

Enfin, le temps des fêtes est à nos portes, c’est le temps de passer du temps avec nos proches, ceux qu’on aime. De ma famille à la vôtre, je vous souhaite beaucoup de bonheur et d’amour, et surtout de la santé. J’envoie aussi mes pensées aux gens en Ouganda.

Chaleureusement,

Lise Teasdale

 

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