BULLETIN DE L’HÔPITAL LACOR – AUTOMNE 2018

Chers lecteurs et lectrices,

En cette période de rentrée, la présente édition du Bulletin de l’Hôpital Lacor vous parlera d’optimisme et de personnes dont l’expérience de l’Hôpital Lacor s’est traduite par un regain de confiance.

D’abord, nous ferons connaissance avec Patricia et Patrah, amies proches et futures sages-femmes, qui se familiarisent avec l’intensité du travail qui les attend plus tard à l’Hôpital Lacor. Ayant eu le privilège de faire des études, les deux jeunes femmes transpirent l’optimisme. Unies par un projet de vie commun, toutes les deux rêvent de décrocher un diplôme et d’occuper ensuite un bon emploi. Pour elles, l’avenir passe par l’école. Celle de l’Hôpital Lacor.

C’est la crainte de perdre l’enfant qu’elle portait qui a conduit Sharon à l’Hôpital Lacor alors qu’elle éprouvait de violentes douleurs à l’abdomen dans son village situé à une heure de route. L’examen qu’elle y a subi lui a rendu sa confiance : Il ne s’agissait que d’une légère infection qui a été traitée avec une médication. Confiante, elle est rentrée chez elle où sa grossesse s’est poursuivie sans problème.

Il n’y a pas qu’en Ouganda que l’œuvre de Lucille Teasdale et Piero Corti inspire confiance. Elle fait cela au Canada aussi.  Dans le cadre de la campagne Faites partie de l’Histoire, elle reçoit le soutien de généreux donateurs, qu’il lui fait plaisir de vous présenter : la Fondation Marcelle et Jean Coutu, la compagnie pharmaceutique Apotex, le Centre de recherches pour le développement international (CRDI), la Fondation Internationale Roncalli et le Groupe Maurice. 

Bonne lecture!


 

Patricia a 23 ans, et Patrah, 19. Ces deux amies venues de loin étudient sérieusement à l’école de l’Hôpital Lacor. Elles parlent la langue du district de Nebbi, celui de la tribu des Alur. Elles ont les mêmes traditions culinaires, les mêmes danses. 

Leur nom traduit le contexte de leur naissance. Patrah s’appelle Akello, nom donné à la deuxième née de jumelles. Elle a donc une jumelle née avant elle. Patricia est appelée Ayerango, qui exprime l’étonnement d’une naissance et signifie littéralement « Que dois-je dire? ». 

Elles ont déjà fait la majeure partie des études de deux ans et demi prévues pour devenir sages-femmes. Lors de notre rencontre, dans le jardin de l’école des infirmières et sages-femmes du Lacor, elles attendaient les résultats des derniers examens. Et maintenant? « Nous allons rentrer chez nous, dans nos villages, et attendre l’annonce du recrutement de nouvelles sages-femmes. »

D’ici là, leurs journées sont intenses. Elles commencent tôt le matin. Chacune d’elles est affectée à une salle, généralement en pédiatrie ou à la maternité. D’abord, elles aident à désinfecter les pièces et les couloirs. En effet, tous les jours, tôt le matin, tous les départements sont vidés. Les patients attendent dehors dans les cours pendant que les préposés et étudiants nettoient, lavent et désinfectent les lieux. Ensuite, nos deux futures sages-femmes collaborent avec le personnel du département où elles ont été assignées.

Chaque jour, elles se retrouvent en classe pour étudier des sujets tels que l’obstétrique, la gynécologie, la néonatalogie ou la pédiatrie. Chaque semaine, elles passent des examens ou discutent en groupe. Elles sont studieuses, et le soir après le dîner, si elles ne sont pas trop fatiguées, elles discutent des sujets abordés pendant la journée ou de cas observés dans les unités. À quoi rêvent ces deux jeunes étudiantes privilégiées d’avoir pu étudier? À un diplôme, puis à un bon travail. Et aussi à gagner chaque mois cinq cent mille shillings ougandais, soit environ 170 $ CAN, pour aider le village et la famille à la maison. Et peut-être aussi à payer un jour les frais de scolarité de leurs enfants. Parce que l’avenir est à l’école.


Le standard téléphonique de l’Hôpital reçoit un appel : une femme enceinte est malade dans un village. Heureusement, une ambulance peut s’y rendre sur-le-champ. Sharon, jeune maman en proie à d’atroces douleurs abdominales, l’attend.

On ne sait pas où Sharon en est dans sa grossesse. Après son passage au Centre de santé périphérique du Lacor, on craint le pire : Elle pourrait avoir perdu le bébé. Une infirmière monte dans l’ambulance pour accompagner Sharon au Lacor. Chaque cahot de la route menace le fœtus. Le conducteur doit rouler vite tout en évitant minutieusement les nids-de-poule dans la chaussée.

L’ambulance fraye son chemin dans la savane pendant plus d’une heure sur une surface poussiéreuse et vallonnée. C’est une course contre la montre. Une ambulance est absolument essentielle pour transporter une patiente comme Sharon aussi rapidement et sûrement que possible vers un centre de santé où elle pourra être opérée de toute urgence, si nécessaire.

L’ambulance arrive enfin au Lacor. Sharon est conduite directement à la maternité, puis en radiologie pour une échographie. Ses douleurs sont très fortes. Laissée seule un instant qui lui a paru interminable, Sharon ferme les yeux et attend, impuissante, de savoir si son bébé est toujours en vie. Elle regarde le moniteur et reconnaît dans la pulsion lumineuse à l’écran les battements cardiaques de son enfant. 

Après l’examen, le médecin dit à Sharon que son bébé a 26 semaines, qu’il est vivant et qu’il se porte bien. Sharon est soulagée, et la nouvelle rend sa douleur plus supportable. Elle est installée à la maternité et se repose en attendant un diagnostic.  

Peu après, deux jeunes médecins passent voir Sharon après avoir étudié attentivement l’échographie et le dossier médical compilé par les infirmières. Entre-temps, la douleur se dissipe. Selon toute probabilité, le diagnostic est le meilleur possible : une simple infection à traiter avec des antibiotiques et anti-inflammatoires. Après quelques jours sous observation à l’hôpital, Sharon pourra retourner chez elle pour mener sa grossesse à terme.

L’histoire de Sharon est courante. Le traitement d’une mère ou d’un enfant au Lacor coûte en moyenne 25 $. Quel que soit le montant, un don au chapitre Mères et enfants de la campagne Faites partie de l’Histoire fait une énorme différence. Merci à tous nos donateurs pour votre soutien continu.


La Fondation Marcelle et Jean Coutu soutient le projet Gestion de la pharmacie, qui consiste en : 

• une amélioration des compétences professionnelles en pharmacie

• une mise à niveau du système d’inventaires

• un développement des capacités de gestion des achats et dons de biens, d’analyse des modèles de consommation des médicaments et des coûts par la direction, et de surveillance de la qualité des ordonnances et de l’administration des médicaments. 

Ce projet permet aussi la nécessaire amélioration de la pharmacie du Lacor par la rénovation des installations et de l’équipement pour la préparation et la gestion des médicaments. La Fondation Marcelle et Jean Coutu contribue également aux chapitres des Frais de fonctionnement et des Mères et enfants, permettant à l’Hôpital de soigner plus de 25 000 patients en 2017.

En mars 2017, Apotex a expédié au Lacor par avion, à ses frais, des médicaments répondant aux besoins urgents selon la « liste formulaire » de l’Hôpital, dont quelque 96 % étaient destinés aux mères et aux enfants.

Le Centre de recherches pour le développement international (CRDI) finance le projet Santé des mères et des enfants à l’Hôpital Lacor et au Soudan du Sud, visant à améliorer la santé maternelle et infantile par le repérage des grossesses à risque élevé et l’orientation vers les établissements de santé, de même qu’un autre projet visant à améliorer les systèmes de gestion de données et de projets à l’Hôpital Lacor afin d’en faire une plateforme de recherche.  

Les dons de la Fondation internationale Roncalli servent à l’achat d’équipements permettant au Lacor d’offrir à ses patients des diagnostics et traitements fiables au moyen d’appareils en bon état, et les dons du Groupe Maurice, aux soins généraux prodigués aux adultes et aînés.

Merci à tous nos donateurs et donatrices qui ont confiance en notre travail. Le Lacor l’apprécie énormément.