BULLETIN DE L’HÔPITAL LACOR – AUTOMNE 2017

Chers lecteurs,

Maintenant que l’été tire à sa fin, nous attendons avec impatience les couleurs magnifiques de l’automne et les soirées à la maison remplies d’amis et de la famille.

Le nord de l’Ouganda a pareillement beaucoup à célébrer; en effet, 2017 marque les dix ans de paix dans la région. La stabilité a permis à la population ougandaise de revenir à la vie normale, au travail, avec des déplacements sécuritaires, à l’agriculture et à l’éducation.

Cependant, ce n’est pas l’ensemble de la région qui a eu cette chance; plusieurs pays avoisinants connaissent encore l’instabilité et la guerre. Par exemple, le Soudan du Sud, pays voisin, est ravagé par la guerre civile. Comme l’Ouganda est maintenant un endroit sécuritaire, le pays reçoit un important nombre de réfugiés qui fuient la violence. L’Hôpital Lacor voit aussi régulièrement des patients sud-soudanais, venant d’Adjumani, un grand camp de réfugiés à 75 km du Lacor, ou même directement du Soudan du Sud, dont la frontière se trouve à moins de 100 km.

L’Hôpital Lacor a également vu beaucoup de son personnel et de ses étudiants aller travailler pour de grandes organisations internationales au Soudan du Sud. L’impact de l’Hôpital Lacor et de ses écoles va donc bien au-delà des frontières de l’Ouganda. Ils travaillent de concert et sans relâche pour réaliser les rêves des fondateurs de l’Hôpital Lacor, qui étaient, entre autres, d’aider la région à développer son infrastructure médicale, en commençant par l’éducation locale.

Dans cette édition de notre bulletin, nous nous penchons sur les rêves du passé, du présent et du futur. Nous racontons, en page 2, l’histoire d’un réfugié sud-soudanais et son rêve de devenir médecin. Nous partageons également, à la page 3, des informations sur les écoles de formation du Lacor, qui continuent de réaliser les rêves des fondateurs de l’hôpital. Enfin, à la page 4, nous vous parlons de la générosité de M. Luc Maurice envers la Fondation et l’hôpital. M. Maurice nous a été présenté par la sœur de Lucille Teasdale, Lise, qui continue de rêver à de nouvelles façons d’aider le Lacor à prospérer jour après jour.

Nous vous souhaitons un magnifique automne,

L’équipe de la Fondation Teasdale-Corti



De nouveaux rêves sont nés : l’histoire de James Garang

Au cours des dernières années, plusieurs victimes de blessures par balle ou d’accidents de la route sont venues du Soudan du Sud à l’Hôpital Lacor, en Ouganda, pour des soins. James Garang, un jeune homme âgé de 16 ans, est parmi eux.

James est né au Soudan du Sud et est issu du peuple Dinka, le plus grand groupe ethnique. Lorsque la guerre a éclaté en 2013, James a fui en Ouganda et est allé dans un camp de réfugiés, pour échapper à la violence.

À la fin de 2016, James a décidé de se rendre au Soudan du Sud, dans l’espoir de rendre visite à son oncle. Une fois au Soudan du Sud, le camion dans lequel James voyageait est tombé dans une embuscade tendue par des combattants rebelles. James a été touché de deux balles dans la partie inférieure de sa jambe droite; le conducteur et deux soldats à proximité ont également été blessés. Un camion de l’armée a transféré les blessés à l’hôpital le plus proche, qui était vide, mais un médecin s’y est rendu pour nettoyer les blessures des blessés. Comme il n’y avait aucun médicament à l’hôpital, le lendemain matin, ils ont été transférés dans un autre hôpital où ils ont passé deux jours et où on leur a donné des analgésiques.

Lorsque l’oncle de James a vu la gravité de l’état de James, il a immédiatement décidé de l’amener à l’Hôpital Lacor, situé à moins de 2 heures de route. James a été transporté en Ouganda à l’arrière d’un pick-up. Quand il est arrivé à l’Hôpital Lacor, James saignait encore abondamment et était très faible, il était à peine conscient; cela faisait cinq jours qu’il avait été blessé.

James a dû se faire opérer pour enlever les morceaux d’os brisés; les balles avaient traversé sa jambe. L’anesthésie péridurale lui a apporté un soulagement temporaire, mais une fois l’effet de l’anesthésie dissipé, la douleur de James devint terrible, bien pire qu’au moment d’avoir été blessé par balle. Il a reçu de la morphine, mais il a développé une fièvre et la douleur restait insupportable. Les infirmières lui ont alors donné du Panadol qui n’a pas beaucoup réduit la douleur, mais il a apprécié la gentillesse et les efforts des infirmières pour l’aider.

Pour James, l’Hôpital Lacor est un endroit formidable, car il a pu compter sur une bonne infrastructure, la disponibilité des médicaments et la qualité des soins du personnel. Incroyablement, l’expérience de James au Lacor l’a motivé à vouloir poursuivre une carrière en médecine pour pouvoir soigner un jour les personnes dans le besoin.


La formation locale au Lacor : un rêve réalisé

Quand ils sont arrivés à l’Hôpital Lacor en 1961, Lucille Teasdale et Piero Corti ne rêvaient pas uniquement d’offrir des soins à une population isolée dans le nord de l’Ouganda; ils étaient également déterminés à assurer la pérennité de l’hôpital en formant des jeunes souhaitant devenir des travailleurs de la santé. Il y avait très peu de travailleurs qualifiés de la santé en Ouganda à cette époque, Lucille et Piero ont donc lancé des programmes de formation, et au fil du temps, ces programmes sont devenus de plus en plus structurés. Aujourd’hui, il y a quatre écoles certifiées dans l’enceinte de l’Hôpital Lacor.

L’école de soins infirmiers et de sage-femme de l’Hôpital Lacor a ouvert ses portes en 1973. L’école de formation de technicien en laboratoire a été fondée en 1979, tandis que l’école des assistants d’anesthésie a ouvert ses portes en 1997. Enfin, l’école de formation d’assistant technique médical en chirurgie a été tout récemment ouverte, en 2015.

Ces quatre institutions peuvent accueillir jusqu’à 550 étudiants en même temps. Les étudiants sont principalement Ougandais, mais chaque année, il y a plusieurs étudiants provenant du Kenya, du Soudan, de la République démocratique du Congo, du Rwanda et de la Tanzanie qui viennent étudier à l’Hôpital Lacor.

L’Hôpital Lacor est également un site officiel d’enseignement universitaire pour la Faculté de médecine de l’Université de Gulu et un centre reconnu pour les stages de médecins et de pharmaciens. Les stagiaires de l’Hôpital Lacor ont la possibilité de voir une grande variété de maladies et de soins, et ce, tant pour les services de santé primaires que pour les interventions spécialisées, comme le traitement du cancer pour les lymphomes chez l’enfant, les tumeurs de Wilms, ou des chirurgies orthopédiques et urologiques qui ne sont pas disponibles ailleurs dans le nord de l’Ouganda.

L’Hôpital Lacor et ses écoles ont toujours cherché à offrir des possibilités de formation aux étudiants défavorisés, et ainsi leur permettre d’offrir, à leur tour, des soins de santé de qualité aux communautés pauvres. Cela contribue à augmenter le nombre de travailleurs de la santé qualifiés dans une région qui débat toujours du manque de personnel de santé qualifié pour s’occuper d’une vaste population. En même temps, cela réalise les premiers vœux de Lucille et Piero : former d’excellentes infirmières et d’autres travailleurs de la santé capables de prendre soin des patients de l’Hôpital Lacor et de servir ceux dans le besoin.

Nous sommes fiers de soutenir le travail exceptionnel de l’Hôpital Lacor et de ses écoles !



Le rêve de la famille

Chaque année, les Canadiens appuient la Fondation Teasdale-Corti. La sœur de Lucille Teasdale, Lise, habite dans une résidence pour personnes retraitées à Montréal. Après avoir écouté un exposé du propriétaire de la résidence, M. Luc Maurice, Lise alla le voir et lui demanda d’aider l’hôpital de Lucille en Ouganda. Elle lui a dit : « Je sais que vous donnez régulièrement à différentes causes. Ma sœur, Lucille Teasdale, et son mari, Piero Corti, ont fondé une organisation qui me tient très à cœur. Ils ont fondé un hôpital en Ouganda il y a plusieurs décennies; c’est aujourd’hui un très grand hôpital qui a besoin de fonds pour fonctionner ».

M. Maurice a immédiatement accepté d’aider l’hôpital. Lise a communiqué avec le directeur de la Fondation, Filippo Campo, qui a organisé une rencontre entre M. Maurice et Dominique Corti lors de l’une de ses visites au Canada. M. Maurice a généreusement offert 50 000 $ sur cinq ans au chapitre des soins généraux de la Fondation, dans le cadre de la campagne Faites partie de l’Histoire. Le chapitre des soins généraux subventionne les soins médicaux pour les adultes et les patients âgés souffrant de maladies telles que le paludisme, le VIH, les maladies cardiovasculaires, le diabète, la cirrhose, les blessures causées par des accidents de la route et autres.

Sur les 34 600 admissions à l’hôpital entre juillet 2015 et juin 2016, 4,6 % étaient des patients de plus de 60 ans. Un des problèmes fréquents constatés chez ces patients plus âgés est une affection gastro-intestinale non infectieuse, qui est également observée chez les patients plus jeunes. Comme en Amérique du Nord, un autre problème de santé fréquent chez les Ougandais de plus de 60 ans est le cancer de la prostate. Durant cette même période, 106 patients de plus de 60 ans atteints de cancer de la prostate ont été admis à Lacor, comparativement à 18 cas chez des patients plus jeunes.

Dans une entrevue donnée en mai 2017, M. Maurice nous a expliqué que son organisation est très proche de la communauté québécoise, mais qu’elle soutient également des causes internationales. L’entraide, dit-il, est essentielle pour la paix dans le monde et pour le bien-être de tous, y compris les personnes âgées, qui est la mission du Groupe Maurice.

La Fondation Teasdale-Corti est très reconnaissante pour la participation de M. Maurice et son soutien généreux à l’Hôpital Lacor. Pour visionner le court entretien avec M. Maurice, nous vous invitons à visiter notre page Facebook: www.facebook.com/teasdalecorti.

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